Nous le déplorons tous, l’économie corse peine à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes, mais aussi pour les chômeurs de longue durée. Or, la Corse a des atouts qu’il faut savoir exploiter en bonne intelligence, ce qui ne me semble pas être le cas aujourd’hui.
Les économistes mettent en avant les bons scores de la croissance régionale depuis 1997, qui figure d’ailleurs parmi les plus dynamiques du territoire national. Pour autant, faut-il préciser que nous partions de loin, et que le retard à combler reste important pour figurer ne serait-ce qu’au milieu du tableau des régions en ce qui concerne le PIB par habitant et par an. En 2006, celui-ci s’élevait à 22 660 €, et se situait au 19e rang des régions françaises devant le Nord-Pas-de-Calais, et au même niveau que la Picardie et le Languedoc-Roussillon. Sans rentrer dans les détails de la structure de l’économie régionale, il s’agit simplement ici d’esquisser une vision pour l’avenir de la Corse en matière économique.
La première nécessité est de développer le potentiel touristique de notre île. Le tourisme représente en effet un secteur majeur de notre économie, d’autant qu’il est le vecteur principal de dynamisme dans le bâtiment, les services, et le commerce.
Les efforts doivent être concentrés sur le développement de l’accueil hôtelier de qualité, qui permet des effets de synergie importants sur d’autres activités. Cette dynamique semble déjà engagée, puisque entre 2003 et 2007 le nombre de chambres d’hôtels classées 4 étoiles est passé de 422 à 737, soit une hausse de plus de 74%. (Chiffres INSEE)
L’amplification du développement du tourisme doit également permettre d’engager une refonte de l’offre, afin de l’orienter vers le tourisme dit « vert ». Celui-ci représente une opportunité non négligeable dans l’optique de bénéficier sur des périodes plus longues, des retombés touristiques.
Il s’agit tout simplement de profiter des aménités d’un territoire exceptionnel, et qui ne mérite pas qu’on le sacrifie sur l’autel de la prospérité économique.
Alors que certains prônent la « désanctuarisation » du littoral, j’en appelle pour ma part à la préservation d’un patrimoine aussi fragile qu’essentiel à l’attractivité de notre région. En effet comment pouvons nous prétendre faire venir des touristes si nous ne sommes pas capable de leur offrir « un produit » qui mérite qu’on le paye à prix d’or. Nous le savons, nous insulaires, le coût de la vie est tel, que venir en Corse représente un budget non négligeable. A partir de ce constat, le bon sens veut que nous préservions l’exceptionnel littoral qui a fait notre renommée mondiale.
C’est pourquoi l’idée de vouloir lancer de grands programmes de construction de maisons individuelles sur le littoral (dans l’extrême sud notamment) est une aberration économique. Certes les retombées immédiates sur le secteur de la construction ne sont pas négligeables, mais mis à part augmenter les revenus des municipalités concernés, le bénéfice pour la région reste à évaluer. Il faut notamment peser les conséquences d’une politique qui ferait s’accroître le nombre d’habitations secondaires. En effet, la pression immobilière (déjà handicapante) sera telle que les corses eux-mêmes ne seront plus capables de se loger décemment dans ces communes. De plus, dans un contexte où les taux d’intérêts repartent à la hausse, et où les banques relèvent leurs niveaux d’exigence en terme de financiabilité des acquéreurs, sur le moyen et long terme les bénéfices apparaissent plus qu’aléatoires.
C’est pourquoi il faut véritablement réévaluer la politique touristique et économique que nous souhaitons voir mise en œuvre en Corse. Je souhaite qu’au-delà de la protection absolument indispensable de notre littorale, nous engagions une politique de développement durable.
Celle-ci doit s’appuyer sur différents piliers pour allier la protection de l’environnement au développement économique. Il faut arrêter de penser de manière binaire, et opposer croissance et soucis écologiques. Dans la perspective que je souhaite tracer, la combinaison des deux est sinon possible, profitable à notre économie.
C’est pourquoi je veux que les futures constructions hôtelières soient toutes réalisées sous la norme Haute Qualité Environnementale, et faire que notre région devienne un « laboratoire », et soit exemplaire en ce qui concerne le développement durable. Ceci n’est pas une lubie, bien au contraire. Nous le savons aujourd’hui, aucun développement économique n’est viable s’il ne repose pas sur un projet cohérent et durable. Or, favoriser ce type de construction est possible s’il y a des incitations financières fortes pour couvrir les surcoûts résultants de l’utilisation de techniques éco citoyennes. Ce projet est d’autant plus viable que grâce à lui, de nouveaux secteurs pourront émerger et prospérer. L’ouverture de ces marchés permettra notamment l’installation, et/ou la diversification d’entreprises du bâtiment, mais aussi dynamisera des secteurs existants comme la filière du bois.
L’exigence d’excellence écologique dans le domaine du tourisme doit s’accompagner d’une politique énergétique réorientée. La Corse apparaît une nouvelle fois comme un espace absolument extraordinaire en ce qui concerne les possibilités de mise en application des « techniques vertes » de production électrique. Alors que le projet de centrale thermique poursuit son cours, et que s’accroît notre dépendance vis-à-vis de la Sardaigne, je m’étonne que la Corse soit à la traîne en ce qui concerne l’énergie solaire, et éolienne. Il peut être envisager des aides régionales visant à accompagner les efforts d’investissement des particuliers, et le développement plus grand encore du parc éolien en partenariat avec EDF, en off-shore notamment. Sans aller jusqu'à épuiser toutes les possibilités offertes par les techniques sans cesse améliorées, je souhaitais simplement tirer quelques grandes lignes qui méritent selon moi d’être explorées.
Certes, la région a lancé quelques initiatives dans ce sens, mais il faut intensifier les efforts, et surtout s’assurer de la cohérence entre les ambitions, et les politiques envisagées. Les élections de 2010 seront une échéance essentielle pour décider de ce que sera l’avenir de la Corse en matière économique, et donc en matière environnementale. Je n’ai ici développé qu’un seul aspect qui serait envisageable. Je posterai des propositions nouvelles qui concerneront d’autres pans de l’économie Corse, comme les efforts essentiels à mener en faveur de la création d’entreprises, et surtout afin de limiter la mortalité encore trop grande de celles-ci.
Les économistes mettent en avant les bons scores de la croissance régionale depuis 1997, qui figure d’ailleurs parmi les plus dynamiques du territoire national. Pour autant, faut-il préciser que nous partions de loin, et que le retard à combler reste important pour figurer ne serait-ce qu’au milieu du tableau des régions en ce qui concerne le PIB par habitant et par an. En 2006, celui-ci s’élevait à 22 660 €, et se situait au 19e rang des régions françaises devant le Nord-Pas-de-Calais, et au même niveau que la Picardie et le Languedoc-Roussillon. Sans rentrer dans les détails de la structure de l’économie régionale, il s’agit simplement ici d’esquisser une vision pour l’avenir de la Corse en matière économique.
La première nécessité est de développer le potentiel touristique de notre île. Le tourisme représente en effet un secteur majeur de notre économie, d’autant qu’il est le vecteur principal de dynamisme dans le bâtiment, les services, et le commerce.
Les efforts doivent être concentrés sur le développement de l’accueil hôtelier de qualité, qui permet des effets de synergie importants sur d’autres activités. Cette dynamique semble déjà engagée, puisque entre 2003 et 2007 le nombre de chambres d’hôtels classées 4 étoiles est passé de 422 à 737, soit une hausse de plus de 74%. (Chiffres INSEE)
L’amplification du développement du tourisme doit également permettre d’engager une refonte de l’offre, afin de l’orienter vers le tourisme dit « vert ». Celui-ci représente une opportunité non négligeable dans l’optique de bénéficier sur des périodes plus longues, des retombés touristiques.
Il s’agit tout simplement de profiter des aménités d’un territoire exceptionnel, et qui ne mérite pas qu’on le sacrifie sur l’autel de la prospérité économique.
Alors que certains prônent la « désanctuarisation » du littoral, j’en appelle pour ma part à la préservation d’un patrimoine aussi fragile qu’essentiel à l’attractivité de notre région. En effet comment pouvons nous prétendre faire venir des touristes si nous ne sommes pas capable de leur offrir « un produit » qui mérite qu’on le paye à prix d’or. Nous le savons, nous insulaires, le coût de la vie est tel, que venir en Corse représente un budget non négligeable. A partir de ce constat, le bon sens veut que nous préservions l’exceptionnel littoral qui a fait notre renommée mondiale.
C’est pourquoi l’idée de vouloir lancer de grands programmes de construction de maisons individuelles sur le littoral (dans l’extrême sud notamment) est une aberration économique. Certes les retombées immédiates sur le secteur de la construction ne sont pas négligeables, mais mis à part augmenter les revenus des municipalités concernés, le bénéfice pour la région reste à évaluer. Il faut notamment peser les conséquences d’une politique qui ferait s’accroître le nombre d’habitations secondaires. En effet, la pression immobilière (déjà handicapante) sera telle que les corses eux-mêmes ne seront plus capables de se loger décemment dans ces communes. De plus, dans un contexte où les taux d’intérêts repartent à la hausse, et où les banques relèvent leurs niveaux d’exigence en terme de financiabilité des acquéreurs, sur le moyen et long terme les bénéfices apparaissent plus qu’aléatoires.
C’est pourquoi il faut véritablement réévaluer la politique touristique et économique que nous souhaitons voir mise en œuvre en Corse. Je souhaite qu’au-delà de la protection absolument indispensable de notre littorale, nous engagions une politique de développement durable.
Celle-ci doit s’appuyer sur différents piliers pour allier la protection de l’environnement au développement économique. Il faut arrêter de penser de manière binaire, et opposer croissance et soucis écologiques. Dans la perspective que je souhaite tracer, la combinaison des deux est sinon possible, profitable à notre économie.
C’est pourquoi je veux que les futures constructions hôtelières soient toutes réalisées sous la norme Haute Qualité Environnementale, et faire que notre région devienne un « laboratoire », et soit exemplaire en ce qui concerne le développement durable. Ceci n’est pas une lubie, bien au contraire. Nous le savons aujourd’hui, aucun développement économique n’est viable s’il ne repose pas sur un projet cohérent et durable. Or, favoriser ce type de construction est possible s’il y a des incitations financières fortes pour couvrir les surcoûts résultants de l’utilisation de techniques éco citoyennes. Ce projet est d’autant plus viable que grâce à lui, de nouveaux secteurs pourront émerger et prospérer. L’ouverture de ces marchés permettra notamment l’installation, et/ou la diversification d’entreprises du bâtiment, mais aussi dynamisera des secteurs existants comme la filière du bois.
L’exigence d’excellence écologique dans le domaine du tourisme doit s’accompagner d’une politique énergétique réorientée. La Corse apparaît une nouvelle fois comme un espace absolument extraordinaire en ce qui concerne les possibilités de mise en application des « techniques vertes » de production électrique. Alors que le projet de centrale thermique poursuit son cours, et que s’accroît notre dépendance vis-à-vis de la Sardaigne, je m’étonne que la Corse soit à la traîne en ce qui concerne l’énergie solaire, et éolienne. Il peut être envisager des aides régionales visant à accompagner les efforts d’investissement des particuliers, et le développement plus grand encore du parc éolien en partenariat avec EDF, en off-shore notamment. Sans aller jusqu'à épuiser toutes les possibilités offertes par les techniques sans cesse améliorées, je souhaitais simplement tirer quelques grandes lignes qui méritent selon moi d’être explorées.
Certes, la région a lancé quelques initiatives dans ce sens, mais il faut intensifier les efforts, et surtout s’assurer de la cohérence entre les ambitions, et les politiques envisagées. Les élections de 2010 seront une échéance essentielle pour décider de ce que sera l’avenir de la Corse en matière économique, et donc en matière environnementale. Je n’ai ici développé qu’un seul aspect qui serait envisageable. Je posterai des propositions nouvelles qui concerneront d’autres pans de l’économie Corse, comme les efforts essentiels à mener en faveur de la création d’entreprises, et surtout afin de limiter la mortalité encore trop grande de celles-ci.
publié par L D dans: www.daniel-leca
